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vendredi 13 juillet 2007

Marlon Brando dans "Une Moto Nommée Intelligence"



J'ai de plus en plus de mal à trouver des titres marrants (voire même de simples jeux de mots vaseux) donc j'en ai fait un surchargé de références faciles, à vous de décoder... Bon alors Akira de Katsuhiro Otomo, l'anime culte blabla... et Tokyo Godfathers de Satoshi Kon (disciple d'Otomo d'ailleurs) au programme aujourd'hui. Le premier on me l'a prêté (merci à Guiton, qui m'avait aussi prêté Metropolis du même Otomo, j'en avais parlé ) et le second je l'ai acheté à 10 euros à la Fnac (par curiosité et pensant que ça me ferait une bonne introduction à l'univers de Kon puisque son Paprika vient de sortir il y a peu).
Animation, ça c'est bon j'aime et ça m'intéresse, japanimation c'est déja moins ma tasse de thé. J'ai vu quatre films de Myazaki (en général j'ai beaucoup aimé, surtout quand y a des robots et des grosses machines), Metropolis, et puis ça doit être tout. Les séries genre Dragon Ball j'ai jamais pu supporter, et à vrai dire à part les oeuvres indépendantes j'ai un regard assez méprisant sur les productions animées japonaises (enfin les machins grand public qu'on peut voir à la télé). L'animation justement est souvent baclée (je vais être assez cliché mais même pas peur, j'assume mon ignorance), on a le droit au plan fixe hyper détaillé qui dure des plombes avec seulement une animation des bouches ou même pire, un simple travelling sur le dessin pour suggérer le mouvement alors que tout reste fixe. Sans parler des voix habituelles en vf et des traductions qui sont à hurler de rire (non je ne parle pas japonais mais je sais reconnaitre une phrase qui sonne faux en français). Bref c'est pas gagné pour les séries. Mais les films ça va, donc parlons en de ces deux films que je n'ai pas rechigné à regarder.
Akira c'est le St Graal dans la communauté otaku j'ai l'impression, le gros morceau, placé sur un piedestal et pas touche ! Je comprend assez facilement cet état de fait, quand c'est sorti ça a dû être une claque phénomènale (pour le public japonais comme pour le public français). Cyberpunk bien costaud, nihiliste au premier abord, finalement humaniste, les problèmes d'urbanisme, les méchants policiers fascistes/politiciens/militaires/savants fous, l'atmosphère de fin du monde et puis le beau gosse avec une bécane de ouf. Y a tout pour plaire.
Alors savoir si j'ai aimé ou pas c'est un peu dur à dire. Je n'arrive absolument pas à m'identifier aux protagonistes ni même à m'impliquer. Les enjeux me sont passés un peu au dessus et j'ai finalement regardé le film à travers une vitre, de façon détachée et froide.
Mais ça ne m'a pas empêché de lui trouver plein de qualités (et des défauts, évidemment). L'animation m'a bluffé, littéralement, surtout quand je repense à l'époque où il a été conçu. Le bref passage sur l'autoroute, les hallucinations et les mutations sont d'un niveau visuel rarement vu ailleurs, vraiment impressionant. Le casting vf, qui est composé de pas mal de personnes qui officient d'habitude sur de l'animation américaine, est excellent (surtout Pierre Hatet, définitivement une pointure du genre), j'ai apprécié à sa juste mesure ce bon point (cf ce que j'ai dis plus haut sur la japanimation).
L'utilisation de la violence aussi. Là encore j'étais surpris de voir à quel point le film est violent (pourtant j'étais prévenu), et même gore (les dernières scènes, beuark). En général elle est justifiée (climat apocalyptique, désoeuvrement de la jeunesse, toussa) donc rien à redire, ça n'est pas m'as-tu-vu, plutôt jusqu-au-boutiste (tu peux apprécier l'exploit d'acoller deux expressions utilisant des tirets).
Néanmoins : l'histoire et la thématique abordée sont euh... bof. Un peu classique le coup de la force mystérieuse, du chaos imminent, des méchants comploteurs et tout le bazar cyberpunk. Ça reste efficace mais sans surprise. A noter que je n'ai absolument pas capté la nature de ce qu'était Akira et que la fin tire en longueur de façon excessive. Bonjour le mal de crâne. Au niveau de la mise en scène je retrouve ce foutu tic chez Otomo de couper ses plans n'importe comment avec des écrans noirs (bon c'est beaucoup moins prononcé que dans Metropolis mais ça fait quand même bizarre).
Au final j'ai trouvé le film parfois malsain, souvent dérangeant et impeccable niveau plastique. Ça n'a pas déchainé de passion dans mon coeur de pierre mais ça m'aura fait siffler d'admiration pour la technique.

Tokyo Godfathers maintenant. Là j'ai un mot : déception. Ça ne veut pas dire que le film soit mauvais mais il ne répond pas du tout à mes attentes. La réalisation est sans faille (sans trop d'audace non plus), l'animation innove pas mal (notamment sur les expressions, ce qui est assez casse gueule), l'histoire sans trop de surprises mais solide. Mais le ton général ne m'a pas plus. La faute déja aux dialogues, horripilants à force d'être à côté de la plaque, et à l'interprétation vraiment mauvaise (en vf on est dans l'hystérie générale la plupart du temps). Le film oscille entre comique et conscience social mais à mes yeux, n'arrive jamais à trouver d'équilibre. C'est soit l'un soit l'autre, toujours dans l'excés. Dommage car Kon aborde des thèmes très intéressants, sur la jeunesse japonaise, les sans abris évidemment mais aussi la famille et le regard que l'on porte sur soi. Là j'étais demandeur et intéressé, hélas il gâche ses questions intelligentes avec un humour déplacé (au sens où ça tombe VRAIMENT au mauvais moment). Le dernier tiers du film relève le niveau mais l'ensemble n'est pas convaincant. Je ne suis pas pressé de voir Paprika maintenant (j'espère quand même qu'il est très différent de ce Tokyo Godfathers).

Il me reste encore à voir Steamboy (que je me suis acheté à 10 euros pareil). Et je serais aussi volontaire pour du Otomo.

Ah sinon j'ai fini la saison 2 de The Office et c'est vraiment génial.

vendredi 6 juillet 2007

Da Yard 4.0



"Réflechis John, réflechis !". La trilogie des Die Hard c'était quand même super quand j'étais gamin. De l'action plein partout, des fusillades à foison et surtout un héros qui prenait cher ! McLane finissait toujours le film en débardeur trempé de sang séché, de sueur et de poussière. La classe quoi (tellement la classe que ça se retrouve dans Le Cinquième Élément). Et puis c'était une grande gueule Bruce Willis, il se foutait toujours des terroristes en balançant des vannes qui doivent être horripilantes quand on est un méchant (surtout quand on est un méchant sérieux comme par exemple un Allemand). A ce titre, la vf du film doit y être pour pas mal dans le succès du film en France alors rendons à César ce qui est aux Romains : l'acteur français qui double Bruce Willis dans les Die Hard s'appelle Patrick Poivret, voilà.
C'est une trilogie un peu à part dans le film d'action, avec l'introduction d'une nouveauté : le héros qui saigne et se parle à lui même. Et le meilleur des trois c'est le dernier : Une Journée En Enfer avec Samuel L Jackson en raciste hystérique (et la marche militaire "Johnny Comes Marching Home" en fond sonore pendant les scènes avec les méchants). Donc c'est quelque chose de rangé sur l'étagère, c'est un peu sacré Die Hard, c'est le reflet d'une époque.
Et voilà qu'en ce moment la mode c'est de repomper des licences qui ont bien marché durant les 80s. Et il y a quelques années on s'est retrouvé avec un Terminator 3 qui n'était qu'une parodie du 2. Et puis y a eu aussi Rocky Balboa (bon lui je l'ai pas vu, ni aucun Rocky d'ailleurs). Alors dans tout ça j'ai un peu peur pour Die Hard moi.
Et ben il fallait pas avoir peur. Ce dernier volet est réussi, pas aussi bon que le 3 évidemment mais d'un niveau égal au 2. Alors certes il n'y a pas de débardeur ni de "réflechis John" mais :
on retrouve le côté monologueur de McLane, les flics toujours à l'ouest dans leur QG, du verre brisé, de la baston, de l'action, des fusillades, des entreprises de démolition urbaine et la traditionnelle cascade d'emmerdes qui s'acharne sur John. Pas de trahison donc, l'esprit est respecté, ça n'est pas juste un film d'action moderne, c'est un Die Hard.
Et en plus y a des innovations : le fait de moderniser le contexte (les cyberterroristes) laisse McLane complètement en décallage, ce qui renforce encore l'efficacité du tandem qu'il fait avec le boulet d'ado informaticien. John est à côté de la plaque mais tient encore la route, c'est le message et c'est bien mis en scène. Pas mal d'humour sur les geeks, c'est bien fait pour leur gueule (en plus c'est rigolo). Justin Long joue bien le nerd qui a un peu perdu contact avec la réalité, Timothy Oliphant n'est pas à son meilleur niveau mais campe quand même un méchant respectable. Les innovations en termes visuels sont pertinentes (notamment dans les cascades et la chorégraphie des fusillades), on regrettera peut-être une scène avec un avion de chasse un peu "too much" (surtout parce qu'elle est intégralement en CGI alors que pas mal de scènes avaient jusque là été réalisées en prise de vue réelle).

Au final on s'en prend plein les yeux, on rigole et c'est bien fichu : j'en demande pas plus pour un film de ce genre. Acquisition en dvd assurée.

jeudi 5 juillet 2007

[Double Feature] Escoop From New York



Hier soir séance "heaume cinéma" avec Scoop de Woody Allen et New York 1997 de John Carpenter (en vo Escape From New York).
Alors le premier c'est un achat de ma maman, perso j'aurai jamais pensé à voir ce film mais bon, comme j'étais sur le canapé et que le dvd était dans le lecteur, je me suis laissé tenter (et comme il était pas long, j'avais le temps de me faire le second film par la suite). J'ai bien fait de rester parce que Scoop est un chouette film. J'ai dû voir deux vieux Woody Allen dans ma vie donc je ne suis pas vraiment spécialiste du personnage. Et ben c'est très bien foutu, une petite comédie romantique policière de bonne facture, très drôle, avec de bons dialogues, un suspens pas mal ménagé du tout et des acteurs au top. Au début du film, Allen me crispait pas mal (je pensais qu'il ne resterait que pendant 5 minutes mais non) mais finalement j'ai réussi à passer outre, vu qu'il s'est réservé les meilleurs répliques (et il faut bien le dire, elles sont très drôles). Hugh Jackman est surprenant, vraiment à l'aise, diaboliquement séduisant dans ce rôle d'aristo (moi en bon geek je ne l'avais vu jouer que dans X-Men alors c'est sûr que ça dépayse... Oui oui je sais qu'il faut que je vois the Fountain maintenant). Et pis Scarlett Johanson est ravissante, pourtant je ne suis pas fan des blondes mais là, on fait exception devant pareille frimousse. J'ai apprécié l'impertinence du film et sa légèreté. Un agréable moment, et sans doute un revisionnage en perspective.

Bon après ce fut "place à l'action", enfin en théorie. New York 1997, un chouette et lointain souvenir que j'avais, Snake Plissken, un vrai badass qui assure et puis Carpenter aux manettes. Merde ça allait déchirer ! Ben non. Russel est marrant en bad boy premier degré qui sourit jamais (il joue avec conviction le bougre) mais le reste... Le film a mal vieilli, il survit grâce à son mythe et son personnage mais en grattant un peu tout ça on ne trouve que de la poussière en dessous. Des effets sonores assez ridicules (ptain en 1981 on est toujours pas foutu de bruiter correctement un flingue ?), des scènes d'actions inexistantes et au final un film expédié en 1h30, sans avoir pris le temps d'explorer un peu son univers nihiliste pour compenser le manque de fusillades/explosions/cascades qu'on était en droit d'attendre. Déçu, déçu, déçu, y a rien pour rattraper, même pas des effets de folie à la mise en scène (alors que c'est Carpenter, là encore on est en le droit d'attendre quelque chose quoi !). T'enlèves son nom de la jacquette du dvd, tu remplaces Russel par Hasselhof (les fanboys comprendront pourquoi) et t'obtiens un film digne d'être programmé sur RTL9 !
J'ai Los Angeles 2013 encore sous blister qui attend de passer à nouveau l'épreuve du feu, j'espère qu'il relèvera le niveau côté action...

vendredi 29 juin 2007

Troue et Ponce The Movie



Et voilà la suite naturelle de l'article précédent, j'ai vu l'adaptation de Persepolis au cinoche aujourd'hui.
C'est un très beau film. Pas seulement un grand dessin animé, mais bien un grand film tout court. On ne tombe pas dans le piège de l'adaptation plan-plan qui fait râler tout le monde, ici l'essence de l'histoire est bien restituée et surtout la mise en forme épouse les contraintes et les possibilités de l'animation. Bref on fait pas défiler des diapos de la bd mais on assiste bien à des scènes inédites et à une nouvelle narration. Le film est dense parce que mine de rien il ne dure qu'une heure et demie et pourtant il s'en passe des choses.
Rentrons un peu dans le technique maintenant. Je n'ai pas été convaincu par l'ajout de couleurs sur les scènes inédites (bon c'est vraiment un détail hein vu que la totalité des scènes en question ne doit pas excéder deux minutes en tout). Les décors sont élégants, impressionistes et sobres. L'influence de Murnau est clairement revendiquée (et on a même le droit à un clin d'oeil à Munch). Le thème des fleurs est très utilisé et confère une touche poétique très sympa (le générique est très bien d'ailleurs). L'animation a fait un boulot formidable sur le trait épais de Satrapi, pas de fausse note, on est toujours dans cette sobriété élégante (mais pas dépouillée, suffit de voir les détails qui fourmillent lors des séquences lyriques).
Je l'ai dit, la mise en scène s'est complètement appropriée l'essence de l'histoire et donc on a des idées de réalisation des plus efficaces. Notamment la scène de bombardement qui est absolument incroyable, et pour le coup supplante n'importe quel rendu bd (grâce au son aussi certes).
En parlant du son, on en arrive au casting des voix. Et là j'ai un peu tiqué. Je regrette le choix des grosses pointures du ciné comme Deneuve (la voix de la maman) ou Mastroianni (Marjane adulte) surtout présentes pour donner de la visibilité au film dans le milieu du cinéma. Ce qui est assez inutile vu le buzz déja suscité par l'album. J'aurai préféré des inconnus dont les voix correspondent mieux aux personnages. Par exemple Deneuve fait trop penser à Deneuve lorsqu'elle interpréte la mère (elle aurait pu tout aussi bien faire la grand mère d'ailleurs). Danièle Darrieux livre une bonne performance, la voix du père n'est pas top, de même que celle de certains personnages féminins d'arrière plan. Bon par contre la voix de Marjane enfant est parfaite, avec ce qu'il faut d'espièglerie.

Pour finir les coupes opérées dans le récit sont intelligentes (d'habitude les choix en la matière me font hurler, je suis un vrai intolérant en ce qui concerne les adaptations de bouquins). Le film est justifié et si la lecture s'avère indispensable pour appréhender complètement ce que Satrapi a voulu raconter, le visionnage est loin d'être un gadget.

Allez, la sortie ciné la plus intelligente et intéressante des vacances, pourquoi se priver ?

dimanche 10 juin 2007

"Quelqu'un m'a dit" (© Carla Bruni)


Dernier dvd visionné : Révélations (en vo The Insider) de Michael Mann. Enfin. Je dis enfin parce que je l'ai acheté depuis 6 mois et durant tout ce temps, le film a été victime d'une malédiction qui repoussait à chaque fois l'échéance du visionnage. C'était même devenu un running gag...
J'en attendais beaucoup, non pas pour le pitch (que je ne connaissais même pas) ou les acteurs ( Pacino est assez inégal à mes yeux et Crowe n'est pas extraordinaire) mais à cause du réalisateur. Michael Mann est pour moi le meilleur cinéaste hollywoodien actuel. Tout simplement. (J'arrête avec les phrases de deux mots, promis). Je l'ai découvert avec Heat (qui reste son meilleur film à ce jour) puis Collateral et enfin Miami Vice (qui n'est pas exempt de défauts certes mais reste un film incroyable, j'expliquerai un jour pourquoi). J'adore les trois pour différentes raisons (et mon ordre de préférence est aussi l'ordre dans lequel je les ai découverts) dont : la formidable réalisation d'acteurs dont fait preuve Mann (Tom Cruise qui devient bon ! c'est encore plus impressionnant qu'un paralytique qui retrouve l'usage de ses jambes), la mise en scène chirurgicale, millimétrée , les plans nocturnes à couper le souffle, la beauté glaciale de la photographie et un traitement pertinent de la violence. J'aime le travail d'orfèvre et quand en plus il se permet au passage d'être subtilement subversif ( comme dans Miami Vice) j'applaudis des deux mains.
Autant dire que je les attendais au tournant ces fameuses Révélations. Et bien petite déception.
D'abord le duo d'acteurs ne dégage rien d'extraordinaire, ce qui présente un handicap considérable pour le film (la trilogie de Mann dont je viens de parler axe chacun de ses films sur un duo, qui tourne même parfois au duel). D'autant plus dommage que c'est une relation différente des autres films (je précise quand même que Révélations est antérieur à Collateral et Miami Vice), une sorte d'attraction/répulsion pour finir par une collaboration. On retrouve le respect qu'il y avait entre Pacino et De Niro dans Heat mais pas d'antagonisme ni de réelle amitié. Bref y avait de la matière là ! Ben non, pas d'étincelles. Pas de faute non plus mais bon...

Au niveau mise en scène on retrouve des gimmicks typiques de Mann, les balades en voiture sur l'autoroute, les plans nocturnes et urbains. Le film baigne pas mal dans le noir et à ce titre je pousse une petite gueulante. Le film est long (2h30) et tient sur un dvd double couche simple face. Mais la compression (l'encodage numérique du master de la pellicule pour le dvd) n'est pas terrible et on a parfois du grain important sur les scènes de noir. C'est pas beau et désagréable. Et ça gâche un peu le plaisir, surtout quand on est fan de Mann pour la beauté de ses images. Continuons dans les éléments communs à la filmographie, on retrouve le personnage aux cheveux blancs dans Collateral, comme dans Heat on a le droit à des scènes de discussions dans des cafés... L'ambiance est travaillée mais rien ne décolle.

En définitive un bon polar/thriller/drame (drame c'est quand même le plus approprié, surtout que c'est tiré d'une histoire réelle) mais un petit Mann. Il me reste encore Ali et La Forteresse Noire (celui là il me fait bien envie) à voir en attendant son prochain projet. Un polar sur le Hollywood des années 30 avec Leonardo DiCaprio, le meilleur acteur américain actuel. Oui je suis impatient, oui.

vendredi 8 juin 2007

Métro, robots, dodo


Encore de l'anime japonaise (courtesy of Guiton pour le prêt du dvd). Alors avant de commencer je tiens à dire que je n'ai pas lu le manga original dont est tiré le film mais plus grave encore je n'ai pas vu le Metropolis de Fritz Lang ! (ni M le Maudit, ni Citizen Kane de Welles, ni plein d'autres trucs "qu'il faut avoir vu quand même"). Et je le regrette amèrement parce qu'il y a plein de références qui ont dû m'échapper.
Le pitch en deux mots ça se passe à Metropolis, une ville où les robots et les humains cohabitent tant bien que mal (plus mal que bien en fait), et puis y a de l'oppression, un méchant cruel pourri mégalo, du chômage, la lutte des classes, des niveaux souterrains, l'élu, l'amour, la perte de l'innocence et encore plein de trucs hautement symboliques.

Bon alors sinon ce Metropolis ben c'est pas trop mal. Les décors sont majestueux et détaillés, les personnages abordent le style graphique originel du manga et ne s'intègrent absolument pas dans les décors susmentionnés (pour la comparaison faut imaginer Félix Le Chat évoluant dans une gravure du XIXe siècle. Choquant.) l'animation est à la hauteur d'un film de ce genre et l'utilisation des images 3D est assez sobre.
Bref si on fait des captures d'écran, c'est quand même bien beau (une fois passé le choc du design "Astroboy" qui n'est pas approprié dans de pareils décors). Mais si on appuie sur "lecture" là ça se gâte un peu...

Parait-il que Rintaro, le réalisateur, est un grand monsieur de l'animation japonaise (et by the way, toute l'équipe de Metropolis est apparemment une vraie dream team en la matière). Moi je veux bien le croire mais pas sur Metropolis. A moins que je ne sois passé complètement à côté de quelque chose, ses plans de coupe épileptiques et inexpliquables ruinent carrément le film. C'est bien simple, chaque plan disparait au moment où la tension dramatique s'intalle ! Et hop, le fondu bizarre (je connais pas le terme technique mais quasiment en pleine scène d'action un cercle se forme sur l'image et rétrécit, et tout autour c'est noir, un peu comme lors des vieux James Bond, juste après la séquence générique où Bond tire et que l'écran devient rouge, le cercle vacille, touche le bord de l'écran et puis remonte et se "réouvre"). J'avais la ferme impression d'un foutage de gueule en bonne et due forme façon "oh ça m'emmerde un peu d'animer toute la séquence qui va suivre alors je change de plan maintenant, tant pis pour le rythme".

Et ben moi j'aime pas ça ! Non mais oh. A cela s'ajoute un personnage de haute volée, répondant au doux nom de Rock. Comme le film homonyme (avec Sean "la classe" Connery), ce garçon semble être atteint du syndrome Rambo/Punisher/police politique et il flingue absolument à tout va. Alors au début c'est efficace, on se dit "mince ce gamin est taré, un vrai psychopathe !" c'est effrayant et on est effrayé. Et puis quand on se rend compte qu'il défourraille VRAIMENT à tout bout de champ, ça le transforme peu à peu en bonne grosse carricature et on finit par en rire (un peu excédé quand même). Il va jusqu'au bout de la logique puisqu'il finit par dessouder jusqu'à la tension dramatique du film (déja bien mise à mal par le réalisateur fou, il faut bien le dire, en fait c'est plus un coup de grâce qu'autre chose).

On va finir par croire que je trouve Metropolis très mauvais alors je conclue sur une note positive : non il n'est pas mauvais, juste bourré de défauts mais quand même bien agréable. Et le final (qui a recours à une idée de mise en scène vieille comme le monde mais ici diablement efficace, j'étais agréablement surpris) est somptueux. Il y a une poésie certaine qui émane du film (si on essaie d'oublier Rock) et ça vaut quand même le coup d'oeil. Bon maintenant je dois voir le premier Metropolis, surtout que je suis fan d'architecture Art Déco.

[Double Feature] Little Miss Nausicaä





Hier soir c'était "cinéma maison", Guiton, Sandrine et Ashot sont venus chez moi en apportant deux films : Little Miss Sunshine et Nausicaä de la Vallée du Vent. Le premier, on me l'avait survendu au moment de sa sortie en salles, "super trop bien, absolument génial, etc...". Et ce qui devait arriver arriva, je fus déçu (Ashot et Guiton ont trouvé ça très bien par contre). Déçu parce que je m'attendais à un truc bien déjanté avec une galerie de personnages hauts en couleurs et finalement non. C'est même relativement sage de ce côté là, rien de gaguesque dans le film, pas de répliques chocs non plus.
L'histoire en deux mots c'est la petite Olive Hoover qui est sélectionnée pour participer au concours de beauté pour petites filles Little Miss Sunshine. Et toute la famille (papa, maman, le frère de maman qui est dépressif homosexuel et littéraire, le grand père héroïnomane et le frangin adolescent) de l'accompagner à bord d'un mini bus Volkswagen. Donc je me résigne à regarder une comédie familiale honnête mais là encore, c'est non. Sans spoiler pour les gens qui voudraient le voir (ou seront amenés à le voir contre leur volonté, ça peut arriver) le film prend une tournure dramatique un peu inappropriée à mon sens.

Il y avait peut-être une volonté de la part du réalisateur de trancher avec le ton habituel des comédies familiales (mais dans ce cas c'est raté vu la fin du film) et du coup le film ne sait pas sur quel pied danser, c'est pas déglingué rigolo, c'est pas un drame non plus mais ça reste un film à la gloire des valeurs familiales. Bref je ne m'attendais pas à ça et je n'ai pas été convaincu. A noter tout de même que la scène où le grand père explique à son petit fils quoi faire dans la vie pour être heureux est assez hilarante et que le film a le mérite de nous présenter l'horreur des concours de beauté pour petites filles. Dans le genre culte du corps/kitsh à pailettes et pédophilie voilée on trouve difficilement mieux. A ce titre le numéro final d'Olive va jusqu'au bout de la logique de ce genre de manifestations.

Après on a enchainé sur un des premiers Myazaki (le monsieur qui est derrière Princesse Mononoké ou encore Le Voyage de Chihiro) : Nausicaä. L'animation date de plus de 20 ans et pourtant c'est toujours impressionnant, du vrai travail d'orfèvre et les décors sont magnifiques. Certains personnages (dont Nausicaä d'ailleurs) abordent un design un peu fade mais je met ça sur le compte de l'époque. Au même titre que les musiques, synthétiques et vraiment nulles. Au niveau histoire et thèmatique on est en terrain connu, c'est une fable écolo qui dénonce l'industrialisation, la guerre, l'arme atomique, c'est joli et gentil.
Moi qui ne suis pas fan d'animation japonaise (c'est le moins qu'on puisse dire) je reconnais que chaque film de Miyazaki que je découvre me bluffe, peu importe la période, ce monsieur est un véritable maître de l'animation.
Mais ça ne m'a pas empêché de rigoler grassement avec Guiton devant certaines scènes ambigües qui mériteraient bien un détournement....