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mardi 10 juillet 2007

Incursion en territoire ennemi




Je suis pas un mauvais bougre. Honnêtement. Je fais des efforts et tout. Mais y a des fois où ça veut vraiment pas. Ainsi je me suis mis en tête depuis quelques temps de combler mes lacunes en manga. Pas seulement en lire mais aussi dépasser mon appréhension et ma cohorte de préjugés à l'égard de ce mode d'expression artistique (j'ai pas trouvé d'autre expression, faites avec). Allez, me dis-je, si il y a autant de richesses et de diversité dans les comics ça doit bien être la même chose pour le manga, y a pas d'raison nom de nom ! Alors je met timidement le pied dans l'eau et on me prête le début de la série Monster. Mouais, ok ça se laisse lire mais niveau graphique rien ne m'émeut. On me prête Fuli Culi, j'y comprend rien et je trouve ça illisible. Je ne désespère pas, je demande un peu conseil (à monsieur h) et j'obtiens une liste de choses susceptibles de m'intéresser.
Alors je décide d'aller au Manga Café pour découvrir tout ça à un prix modique et rentrer de plein pied dans l'univers de la bande dessinée nippone. Cet aprem donc après avoir acheté les trois tomes de B.P.R.D. qu'ils me manquaient, je me rend avec Yohann à ce Manga Café. Le vendeur nous explique le fonctionnement, on doit donner notre prénom, on obtient un ticket avec notre heure d'arrivée, on payera en partant. 3 € pour la première heure, 1,5 € par demie heure supplémentaire. Boissons à volonté à la fontaine (on n'aura finalement pas fait usage de cette prestation), accès internet (on s'en fout on vient pour lire), et bornes PS2 (ça on s'en serait bien passé, voir la suite pour comprendre). Je sors ma petite liste de mangas à lire et je commence à fouiller dans les rayonnages. Pour cause de Japan Expo certaines séries n'étaient pas là mais peu importe, il s'agissait sans doute de titres très populaires, donc bon. Sur le site de l'établissement ils annoncent 8000 titres de dispo. Certes. Il n'empêche que je n'ai pas trouvé : Phénix, Bouddha, Blackjack et Astroboy (l'original) de Tezuka, Number Five, Gogo Monster, Stairway To Heaven et plus grave : NonNonbâ (prix Angoulême de cette année tout de même !!!). Ça commence mal. Je finis par trouver le tome 1 de Homonculus, qui figure sur ma liste. De son côté Yohann (qui a eu une période manga mais a fini par basculer du côté comics) prend Ken Le Survivant.
On s'installe et on lit. Homonculus me rappelle Monster, c'est un peu le même genre d'ambiance, niveau dessin toujours pas de quoi me décrocher la machoire. J'ai du mal avec la narration, constituée souvent de gros plans, le tout n'étant pas très dynamique. De son côté Yohann n'est franchement pas convaincu par Ken et finit par feuilleter le bouquin. Lecture achevée, je vais pour ranger nos deux livres et en choisir d'autres. Yohann me demande le tome 1 de Get Backers (nous avons conclu à une perte de conscience momentannée) et je découvre l'étagère "Grands Formats". Hélas pas de NonNonBâ à l'horizon mais Blue attire l'oeil, hop je l'embarque et retour au canapé. Pendant toute l'heure où nous sommes restés, le vendeur (adolescent) a humilié un copain à lui (de plusieurs années son cadet) sur la borne Playstation 2. On avait donc le droit aux commentaires plein d'autosatisfaction d'un otaku à haute voix, ce qui n'est jamais très agréable. Mais le pire était la seconde borne, planquée dans une pièce du fond qui laissait s'échapper des morceaux de musiques de la bande son du jeu Guitar Heroes, appuyé par les horribles bruits de plastique que rendaient les touches de la guitare/manette. Là encore, commentaires inintéressants au possible et évidemment bruyants. Moyen pour l'ambiance feutrée (déja que j'avais des apriori sur les otakus...).
La lecture de Blue s'avère ce coup ci très agréable, j'adore le trait, la thématique et l'histoire. Get Backers est évidemment la daube à laquelle on s'attendait et Yohann se met à feuilleter le tome 1 de L'Histoire des Trois Adolph de Tezuka que j'avais ramené au cas où. L'heure finit par se terminer mais hélas je n'ai pas fini la lecture de Blue. Pas grave, un truc bon comme ça je vais l'acheter tôt ou tard et de toute façon on se fait trop chier pour rester plus longtemps. On paye et puis on sort.
Au final nous tirons les conclusions suivantes :
- Yohann comprend pourquoi il a arrêté le manga
- Effectivement le Manga Café n'est pas cher mais pas très fourni non plus
- Nous haïssons la PS2 et les nerds
- Le manga recèle sans doute des trésors mais plutôt dans sa production indépendante, pour ce qui concerne les séries régulières et les machins plus légers, on préfère nettement s'en tenir aux comics.

Voilà j'aurai donc essayé mais on ne m'aura pas facilité les choses. Je vais continuer tout de même mais une chose est sûre, les seuls mangas que j'achèterai seront des one shots comme Blue ou des oeuvres à part comme celles de Mizuki (Kitaro par exemple). Ce milieu n'est définitivement pas pour moi (et je sais, c'est facile de poster une photo de cosplayer pour se moquer alors qu'il existe la même chose chez les fanboys lecteurs de comics, mais c'est si bon...).

samedi 30 juin 2007

C'est en forgeant...

L'écriture c'est vraiment chiant. J'ai des idées plein la tête (elles ne sont pas très élaborées ni même originales mais bon ce sont mes idées, c'est tout ce que j'ai, alors je suis assez indulgent avec elles) mais aussi un poil dans la main ce qui fait que les idées ne deviennent rien de concret et ma frustration grossit, bête infâme tapie dans les méandres de ma prétention créatrice et nourrie de paresse. Il y a deux ou trois ans, j'ai commencé à avoir une vision. Développer un univers qui me serait propre à travers une série de romans (on était en plein Harry Potter mania, ceci explique cela, enfin moi j'étais parmi les premiers fans français du petit sorcier). Je me mettais à penser comme un producteur d'hollywood et je voyais déja une tétralogie voire une quintologie. Je suis fasciné par le roman d'aventure (merci Jules Verne), le steampunk et globalement le XIXe siècle alors je m'étais mis en tête d'écrire là dessus. J'ai longtemps griffoné des idées et des notes sur mes carnets, tout ça pour définir les trames principales, les lieux, les personnages, les inventions et autres petits machins que je voulais absolument caler dans mes histoires. J'ai même un tableau en liège où je punaise les évènements du premier tome dans l'ordre chronologique en mettant à chaque fois la cohérence et la complexité de la trame à rude épreuve.
Mais tout ceci c'est du vent. Pour écrire un roman, il faut se mettre derrière son bureau et noircir des kilomètres de pages chaque jour. Peut importe que ça soit bon ou pas, il faut écrire à tout prix, tout le temps, sans répit. Les idées de génie ne viennent pas en regardant le plafond , elles finissent par apparaitre à force de travail. C'est en se torturant le cerveau pendant l'écriture d'une scène qu'on finit par trouver la tournure qu'on souhaite (comme par exemple une scène d'évasion que l'on veut brillante et plein de panache, ben faut commencer par écrire sur les bonhommes en cellule). Je mesure bien l'arrogance qu'il y a à dire que j'écris, avoir une vague idée (que tout un tas de losers autoconvaincus de l'existence de leur génie ont dû avoir aussi) c'est tout aussi intéressant que de ne pas en avoir du tout. Les geeks dans mon genre ou les types qui rédigent des fanfictions sont souvent boursouflés de prétention en s'imaginant que l'idée fait le roman et "qu'il n'y a plus qu'à l'écrire". Ce qui fait le roman ce sont les heures d'écriture, de brouillon, de ratage, de réécriture, de peaufinage.
Comme je suis en vacances et donc à nouveau oisif 24h sur 24 j'ai décidé de réouvrir mon cahier et de plancher sur de nouvelles scènes. Mais je m'y prend tard le soir, quand je m'emmerde vraiment et force est de constater que je n'arrive à rien comme ça. Deux mots quand même sur ma technique :
Désormais j'ai choisi d'écrire à tout prix et donc de ne pas me soucier de l'ordre chronologique dans un premier temps. Je choisis donc d'écrire une scène dont j'ai une vague idée et je me soucierais de l'intégrer plus tard, vu l'avancement du bouquin ça n'est pas la préoccupation première. Une fois la scène choisie je me lance dans la rédaction de ce que j'appelle le "sirop". Le sirop c'est un concentré de texte, le premier jet. Car je suis quelqu'un qui a une écriture plutôt synthétique (dans le domaine scolaire j'écris toujours moins que mes petits camarades). Du coup ça donne un texte ultra concentré qu'il convient d'étoffer, d'allonger, de diluer (voilà d'où vient le terme sirop). Je suis obligé de marcher en deux temps, si je m'en tenais à la première version, mon livre ferait 60 pages maxi et serait indigeste (pas sûr qu'il soit plus digeste une fois allongé remarque...). Bon après il y a la traditionnelle épreuve de relecture où je sabre à coeur joie dans mes phrases pour rendre mon style lisible. C'est ce que je préfère, c'est comme tailler et polir un caillou, éliminer les impuretés mais en ayant déja la structure sous les yeux.
Toujours est-il que cette structure il faut la produire et en celà je suis vraiment mauvais. Il va donc falloir que je m'impose un régime d'écriture (comme avec ce blog lorsque je n'ai pas de problèmes de modem) si je veux un jour en finir avec ce caprice de faire un livre, caprice qui me dévore depuis un moment. C'est purement une aspiration de geek ça mais que voulez vous, personne n'est parfait. Ah oui et puis quand on a assez de matière à présenter il faut savoir surmonter le complexe d'être lu. Pourtant c'est bien pour ça qu'on écrit in fine, il n'empêche que lorsqu'il s'agit de tendre des bouts de manuscrits à des amis ou de la famile, ça change pas mal de choses. Mais c'est vraiment nécessaire, le seul moyen de s'améliorer passe par un oeil extérieur. Bon en revanche là où le complexe se justifie et ne saurait se soigner c'est lorsqu'on a honte du sujet même du bouquin. D'un naturel assez lâche, j'avoue que je ne suis pas chaud à l'idée de gueuler à qui veut l'entendre que j'écris un roman d'aventure steampunk...


Enfin bon, faut vraiment que je réussisse à terminer tout ça, sinon je pourrais jamais être riche et célèbre. Et ça, ça serait un vrai drame.

mercredi 20 juin 2007

A force de regarder le vide....






Voilà je traverse l'épreuve du feu, l'autodiscipline dont j'étais sensé faire preuve en créant ce blog est mise à rude epreuve. Depuis quelques jours j'ai de plus en plus de mal à rédiger des articles qui me satisfassent. Soit je n'arrive pas à exprimer ce que je désire, soit c'est trop long et lourd et parfois je cumule les deux défauts. Bref je traverse une crise créative intense, genre Marx avant qu'il réussisse à surmonter la mort de Picasso et écrire l'École des Femmes. Et puis j'ai eu l'illumination y a quelques minutes. Je ne suis pas obligé de traiter un seul sujet à la fois de façon monolithique, ça n'aurait pas de sens vu à quel point la rigueur est relative chez moi. Du coup aujourd'hui je vais parler dans le vide, de rien, de tout enfin je vais broder quoi ! Les vacances ont enfin commencé, jusqu'en octobre si Dieu le veut (c'est à dire si les rattrapages ne viennent pas pointer le bout de leur vilain nez). J'en profite pour faire une petite liste de résolutions, comme ça dans trois mois je pourais voir tout ce que je m'étais promis de faire et que je n'ai pas fait :
-aller à l'auto école et avoir le code
-me cultiver en lisant des vrais livres
-avancer dans le mien (de livre) et obtenir quelque chose d'enfin présentable (genre 2 ou 3 chapitres complets)
-me remettre à courir
-faire des pompes (ha ha ha ha)
-me faire couper les cheveux (ça devrait être fait relativement tôt ça)
-ne pas me raser pour voir ce que ça donne trois mois de barbe moche

Sinon j'ai bien envie de me procurer les coffrets des saison 1 et 2 de la série Battlestar Galactica (dont je possède le pilote en dvd : un film de 3 heures tout de même) et la saison 2 de Deadwood. On m'a passé la saison 1 de Jericho, jusqu'à présent j'ai vu les trois premiers épisodes et j'ai sauvagement aimé. Pensez donc : une série paranoïaque où une petite ville des Sates est isolé du monde après une série d'attaques nucléaires sur le territoire. Que du bonheur. Après avoir été convaincu par le potentiel comique de Steve Carell (grâce à son show Even Stephven, regardez donc si vous trainez sur dailymotion mais attention, faut comprendre l'américain), je compte m'attaquer à The Office. Et puis je télécharge l'intégrale de la sitcom britannique Black Books qui se passe dans une librairie alors on verra bien (même si c'est nul ça me fera travailler ma compréhension orale de l'anglais britannique).

Un petit coup de gueule pour finir : ma maman et moi nous sommes fans de la série House (qui est ce qui se fait de mieux en matière de série médicale et puis Hugh Laurie, que j'avais découvert dans Blackadder est tout simplement colossal) et donc nous avons acheté le coffret dvd sorti tout récemment. Le souci c'est que c'est un coffret TF1 Video, le Grand Satan de l'édition dvd. Du coup on a le choix entre sous titres français.... et rien. Ce qui est déja un plus parce que mon dvd de Kill Bill, si je veux me le mater en VO, je suis obligé d'avoir des sous titres français en dessous...
C'est un peu du foutage de gueule parce que plein d'autres éditeurs rajoutent au moins les sous titres anglais (la meilleure façon de progresser en anglais c'est de regarder le film avec les sous titres dans la langue d'origine). Ça ne coûte strictement rien en plus. Et j'ajoute que les sous titres de House sont pourris du cul niveau traduction, avec une utilisation du tutoiement incohérente (qui n'est d'ailleurs pas présente dans la très bonne - c'est assez rare pour être souligné - VF audio). Bref TF1 Vidéo, caca, alors si vous voulez pas qu'on télécharge, faites des efforts.

C'était très "séries" comme article en fait.

dimanche 17 juin 2007

[Traduction] Étoile Tombante




Je savais pas trop quoi mettre aujourd'hui. J'étais indécis entre la critique de Persepolis (mais ça faisait un deuxième article bd consécutif) et de Predator vu en dvd hier soir. Donc finalement un billet d'humeur consacré à la traduction d'une chanson dont j'avais parlé ici : Let's Never Stop Falling In love des Pink Martini (que vous pouvez écouter ). La traduction c'est un sport que j'adore (j'en fais pas en club cependant), ça demande de se triturer la cervelle et c'est littéraire, c'est un jeu de l'esprit. Commençons sans plus tarder en jetant un oeil aux paroles de la chanson :

I wish a falling star could fall forever
And sparkle through the clouds and stormy weather
And in the darkness of the night
The star would shine a glimmering light
And hover above our love

Please hold me close and whisper that you love me
And promise that your dreams are only of me
When you are near, everything’s clear
Earth is a beautiful heaven
Always I hope that we follow the star
And be forever floating above

I know a falling star can’t fall forever
But let’s never stop falling in love

When you are near, everything’s clear
Earth is a beautiful heaven
Always I hope that we shine like the star
And be forever floating above

I know a falling star can’t fall forever
And let’s never stop falling in love
No let’s never stop falling in love

On serait tenté d'évacuer tout le "foin", (comme disait mon professeur d'espagnol en classe prépa, le grand Pierre Arrias auquel je voue un respect infini même si je n'ai jamais su parler la langue de Cervantès) c'est à dire les phrases et mots transparents qui ne pose pas de problèmes particuliers, pour pouvoir se concentrer sur les difficultés techniques. Mais on a ici affaire à une chanson, donc on se doit de respecter un tant soit peu la musicalité, le rythme. Prudence donc, une traduction un peu trop littérale pourrait afadir la chanson en tuant certaines sonorités. Un coup d'oeil au champ lexical utilisé : "hover, glimmering, shine, floating", on est dans le domaine de l'étoile, du pétillant, de la légèreté.
Ensuite vient LA difficulté de la chanson, ce qui va faire tout le sel de l'entreprise de traduction. "Falling star" signifie "étoile filante" en anglais mais si on traduit littéralement cela donne "étoile tombante". Le problème c'est que la chanson joue sur l'expression "fall in love", "tomber amoureux" donc et "falling star". Il y a donc souci car si l'on traduisait littéralement on perdrait le jeu de mots et sur la phrase clé du refrain " I know a falling star can’t fall forever/But let’s never stop falling in love" on obtiendrait quelque chose comme :
"Je sais qu'une étoile filante ne peut pas filer éternellement /Mais n'arrêtons pas de tomber amoureux". Et là je dis non, pas question, sans parler de la mocheté et de la fadeur de la dernière phrase. Impossible de chanter "mais n'arrêtons pas de tomber amoureux".
Un peu de triturage de méninges s'impose, et après avoir creusé dans les recoins de mon vocabulaire, je finis par trouver une expression commune à l'étoile et l'amour : étoile filante et filer le parfait amour. Mais on se rend bien compte que filer le parfait amour suppose une idée de routine là où tomber sans cesse amoureux suggère à l'opposé un renouvellement constant. Dans le deuxième cas, il faut reconquérir l'autre chaque jour, alors que filer le parfait amour c'est tenir le coup sur la durée (façon de parler). La cruauté de la traduction dans toute sa splendeur, ici je n'arrive pas à retranscrire parfaitement l'idée originale en respectant à la fois la forme (la musicalité et le jeu de mots) et le fond. J'adopte donc le compromis parce que selon moi, la traduction est davantage une affaire d'adaptation d'une pensée d'une langue à l'autre que de retranscription à l'identique. Reste encore une petite difficulté sur le passage :
I wish a falling star could fall forever que l'on peut grossièrement traduire par "j'aimerais qu'une étoile filante puisse filer éternellement". Là encore, ça ne se dit pas. Donc petite ruse pour garder la double sonorité originelle falling/fall : "une étoile filante puisse défiler éternellement". A mon sens on garde tout à fait l'idée puisque l'étoile est le centre de l'attention, alors qu'elle parade et qu'elle défile un peu dans le ciel ! Et maintenant voyons ce que ça donne en version finale :


J'aimerais qu'une étoile filante puisse défiler éternellement
Et étinceller à travers l'orage, à travers les nuages
Et dans la pénombre de la nuit
L'étoile brillerait de mille feux
Et tourbillonerait autour de notre amour


Je t'en prie, enlace moi et avoue ton amour dans un murmure
Et promets moi que dans tes rêves tu ne vois que moi
A tes côtés, tout devient parfait
C'est le Paradis sur Terre
J'espère qu'à jamais nous suivrons cet astre
Et vivrons pour toujours sur notre petit nuage

Je sais qu'une étoile filante ne peut défiler pour l'éternité
Mais continuons de filer le parfait amour

A tes côtés, tout devient parfait
C'est le Paradis sur Terre
Puisse-t-on à jamais briller comme cette étoile
Et demeurer pour toujours dans le ciel

Je sais qu'une étoile filante ne peut défiler pour l'éternité
Mais continuons de filer le parfait amour
Oui ne nous arrêtons pas de filer le parfait amour.

Voilà, c'est loin d'être parfait, ça ne rime pas souvent, on dépasse parfois le nombre de syllabes mais enfin j'ai le sentiment d'avoir restitué l'esprit de la chanson. J'espère faire mieux la prochaine fois (enfin c'est pas dit parce que j'aimerais m'attaquer à mon poème anglais préféré : The Tyger de William Blake). En tout cas moi la traduction, j'adore.


lundi 11 juin 2007

Légiste hâtif



Aaaah je vais pouvoir me défouler aujourd'hui. Je me suis rendu compte avec effroi que je n'avais pas encore parlé politique sur le blog, j'y remédie donc dès à présent. Il y a un mois, les gens de France sont allés aux urnes pour les présidentielles. Le taux de participation était d'environ 85% et tout le monde (gagnant, perdants, médias) s'est mis à bramer (ou à braire plutôt) pour se féliciter de ce "formidaaaaable élan démocratique". Ayé on avait à nouveau foi dans la démocratie, on était tous "citoyens", on était tous "acteurs politiques de premier plan".
On était plus fort que les Athéniens du Ve siècle avant J.C , illuminés, informés, curieux, passionnés par le "grand débat publique", par l'avenir de la France. On allait vivre des années formidables d'engagement, de convictions, de débats, de "courants dynamiques".
Boulchite, comme dirait John Wayne. Je n'ai jamais cru à cette bouillie dégoulinante de sentiments républicains qu'on nous a servi pendant des semaines. Si les gens se sont intéressés aux présidentielles et sont allés aux urnes c'est parce que le débat avait été rendu "fashion". Une nouvelle génération de quincas tendance, en rupture avec ce qui se faisait avant (en terme d'image hein, on verra pour la suite si y a rupture ailleurs), pour orner les couvertures de Paris Match, Gala, Public et Voici. Qu'ils sont beaux les candidats ! Et ils gueulent fort en plus de ça, ils ont du caractère, ils veulent occuper l'estrade ! Allez maintenant votez par sms pour choisir votre préféré !
Si j'osais le style Télérama/Inrockutptibles je ferais sans doute un très mauvais jeu de mot comme : c'est l'élection du Nouveau Tsar à la mode Nouvelle Star ! (j'ai osé mais je n'assume pas). Et c'est à mon avis le fond du problème. Les Français sont viscéralement royalistes, ils n'ont jamais vraiment quitté cet état. Le leader au dessus des autres qui ment, pique dans la caisse, utilise sa fonction publique pour son intérêt personnel, dispose de sa cour, laisse les autres se salir les mains à sa place, on lui pardonne tout, aveuglés que nous sommes par les larmes de fierté que nous avons dans les yeux quand on pense au "prestige". La grandeur, le prestige, le "rayonnement" (l'irradiation plutôt...) bordel c'est la France mince quoi, la patrie (l'apathie ?) de Louis XIV, Napoléon et François Ier ! Le président peut bien faire ce qu'il veut, il exporte notre prestige à l'international merde ! Les coqs chauvins s'inclinent devant le chef des coqs. Immunité, laissez-faire, chat perché, on peut plus le toucher.
Alors imaginez que maintenant on puisse choisir son roi. C'est Noël !!! En plus on a le choix entre deux candidats super sexy ! Y a même une femme dis donc ! Oh ben là, c'est vachement plus intéressant la démocratie d'un coup ! Bon on va pas s'embêter non plus à se renseigner sur la fonction de président hein. Si c'est le chef ça doit être lui qui décide de tout, y a pas à tortiller.
Allez hop 85% d'audimat pour la finale républicaine.

Et puis là hier (j'étais de dépouillement dans mon bureau de vote, comme pour le premier tour des présidentielles) v'là t'y pas qu'on chute à 60% de participation. Ben zut alors. Mais pourquoi ? Sans doute qu'élire les députés ça doit être moins intéressant, c'est vrai qu'après tout, à part voter les lois et en proposer, ça sert à rien un député... Oh ça permet bien de débattre, de poser des questions, d'être le garde-fou de la république quand un gouvernement à un peu la folie des grandeurs mais à part ça...
Et puis bon, on a déja choisi le président, faut nous laisser tranquilles maintenant, on n'a pas que ça à faire d'aller voter tout le temps.

Voilà, du coup raz de marée bleu, tellement important que comme l'a dit un des candidats à la députation de ma circonscription : "si c'est pour avoir une Assemblée Nationale qui dit oui à tout ce que veut faire le gouvernement sans débat, autant la supprimer, ça coûtera moins cher à l'État". Voilà donc 5 années d'impunité (c'est un peu fort, disons "d'avoir les mains libres") qui s'annoncent, pas d'opposition, pas de contestation.
En ce moment même on est atterré cherche à trouver des coupables, on parle de la nécessité d'une proportionnelle, de manipulation des médias pour rester dans la logique bipolaire, bla bla. Ben faut être décomplexé (c'est à la mode) et le dire clairement : ce sont les Français les responsables (mais pas coupables, car la majorité n'est pas encore un crime). Mais bon, on a eu le roi qu'on voulait, alors tout va bien maintenant...

samedi 9 juin 2007

Bibelothèque



Aujourd'hui c'est nombril et matérialisme. Omar Sharrif a les courses, Charlton Heston les armes à feu, François Pignon les maquettes en allumettes, moi ma grande passion ce sont les comics. Et ce que je préfère après lire des comics c'est les ranger soigneusement sur mes étagères pour pouvoir les contempler. Oui, oui, il m'arrive parfois de passer de longs moments devant ma bibliothèque à regarder les tranches de mes BD. Dans ces cas là je prend un air songeur et je pense à plein de choses. Mais ce qu'on ne dirait pas comme ça, à première vue, c'est que j'adopte un système de classement des plus complexes (et pas forcément très rationnel) qui m'offre des heures de réflexion. Les photos ci dessus représentent dans l'ordre l'étagère du haut, l'étagère du bas et pour finir l'étagère du bureau (qui se trouve à la droite de la bibliothèque des deux précédentes étagères). Et bien sachez que ces étagères ne sont pas égales devant Dieu ! Il y a une hiérarchie, que voici : celle du haut est la meilleure, suivie de celle du bas et l'étagère de droite clôt la marche.
Sur quels critères ? C'est bien simple : prestige culturel, qualité de l'oeuvre et plaisir de lecture. Prestige car lorsque l'on rentre dans ma chambre les deux premières étagères sont la première chose que l'on voit. Et celle du haut est quasiment à hauteur de regard donc l'emplacement le plus stratégique ( oui j'étais chef de rayon dans une vie antérieure). Mon orgueil et ma réputation d'intello (usurpée évidemment) ne sauraient souffrir de la disgrâce que pourrait procurer la vision de bandes dessinées avec des super héros en collants dedans.
Car ça serait surprise et moquerie de la part de l'invité(e) et mon image en serait ternie. (J'avais bien précisé que je parlerais de mon nombril hein). Or de cela, il n'est pas question.

La parade est donc toute trouvée : mettre des oeuvres ultra classieuses et intelligentes pour ne pas faillir à ma réputation. Un peu comme les gens qui achètent les oeuvres complètes de Charles Dickens en reliure cuir pour aller avec le canapé du petit salon. Du coup l'étagère du haut accueille les oeuvres les plus atypiques et profondes qui m'ait été donné de lire. Des livres qui ont vraiment changé quelque chose pour moi, comme V Pour Vendetta (nous en parlerons une autre fois), Maus ou bien encore Locas, bref des bandes dessinées dont je ne saurai me passer et dont la relecture s'impose. On retrouve donc la majorité des oeuvres indépendantes que j'ai acheté. Mais aussi quelques blockbusters bourrins débiles mais très bien faits qui procurent un plaisir jouissif, parce que la culture ça n'est pas obligatoirement chiant ou triste.
Pour finir on trouve de la vo comme de la vf sur cette étagère mais la plupart de mes bédés indépendantes je les achète chez des petits éditeurs français parce qu'ils font un boulot formidable en général.

Descendons un étage et un échelon. Celle du bas, (avec la figurine du Superman de La Nouvelle Frontière) ne contient pratiquement que des séries qui s'étalent sur beaucoup de volumes et qui ne sont pour la plupart pas encore finies. On retrouve du polar, de l'espionnage et des trucs plus déglingués comme Promethea ou encore Preacher. J'arrête avec les titres parce que ça fait trop name droping (et j'en ai un peu marre de faire des liens hypertext à tire larigot). Bref ici c'est du solide, du plaisir de lecture garanti, de la série de qualité. Et souvent il m'arrive d'hésiter à descendre une série de l'étagère du haut à celle du bas pour faire de la place. Mais pas de honte pour cette étagère qui me fournit souvent de belles découvertes à prêter aux gens. Plus d'anglais que de français ici, pour raisons financières, éditoriales et puis qualitatives (parce que les traductions... on en reparlera). Vous remarquerez une méthode de rangement récurrente sur toutes les étagères : les gros volumes sont classés aux extrêmités pour ne pas dissimuler les formats plus petits. Tout est réflechi, j'vous dit !

Enfin on termine avec l'étagère de droite. Là c'est simple, dès qu'il n'y a pas plus de place sur celle du bas, on évacue à droite. C'est le fourre-tout, les machins super héroïques ou autres pas terribles, ceux évacués à la première lecture. Cet endroit n'a rien d'une poubelle, loin s'en faut, mais comparés au reste, les albums qui y sont rangés sont moins bons ( à l'exception d'un volume qui a été placé ici pour des raisons logistiques car il sera bientôt remplacé par son homologue vo). Il est rare que mes prêts proviennent de cette section, c'est en définitive là où je stocke toutes mes petites faiblesses, mon besoin physiologique de lire des aventures chatoyantes d'encapés s'envoyant des beignes pour le fun.

Voilà avec quoi je jongle au moins une fois par semaine, entre contemplation, réflexion, culpabilité (car cela me fait parfois mal de rétrograder un album) et prévisions (où ? mais où donc entreposerai-je les prochains achats ?). Oui je n'ai vraiment pas grand chose à faire de ma vie... (vous pouvez quand même poser des questions pour savoir où je range telle ou telle série) Je vous épargnerai les étagères dvd, c'est nettement moins intéressant.

vendredi 8 juin 2007

Le chant des sirènes en 128 Kb/s


Hop, ouverture de la catégorie billets d'humeur avec une question fondamentalement pas fondamentale.
On l'a vu, on le voit, les lecteurs mp3 sont monnaie courante dans notre paysage quotidien. Dans les transports en commun, dans les bibliothèques, dans la rue, pendant certains conversations même (il y a des gens qui ont TOUJOURS un écouteur dans l'oreille quand ils te parlent, c'est troublant).

Et là subitement je me demande, est-ce bien sérieux ? Le principe de base : emporter SA musique partout où on va pour écouter ce qui nous plaît, est séduisant bien sûr. Mais à quel prix ? Car il s'agit de musique compressée, donc ayant perdu pas mal de sa finesse originelle. Il faut bien voir que le format roi, le mp3 fait perdre bon nombre d'informations au fichier musical afin de lui faire atteindre un poids respectable pour permettre d'en stocker le plus grand nombre dans son lecteur. Le poids moyen d'une chanson en mp3 est de 3 Mo. Un cd comprenant une quinzaine de titres pèse entre 500 et 700 Mo. "Donc bon"...
Cela vaut-il le coup d'accepter une telle perte de qualité quand il s'agit de nos chansons préférées ?

Et la liste des interférences qui polluent le plaisir d'écoute s'allonge avec les bruits environnants (à moins d'avoir le volume à fond, il est impossible d'écouter de la musique dans le RER A, un vrai groupe de métal industriel à lui tout seul) et la piètre qualité du diffuseur (les écouteurs). Parce que bien souvent, les écouteurs vendus avec les lecteurs sont mauvais et il faut vraiment mettre le prix pour obtenir un casque offrant une sortie sonore respectable (un bon casque Seinnheiser ça coûte 190 euros sous, ce qui est, on en conviendra, très très cher). Bien souvent pour compenser le manque de qualité sonore, les utilisateurs mettent le volume à fond, ce qui n'est pas très raisonnable et n'améliore en rien la situation.

Et au final on obtient un résultat bien meilleur en écoutant un cd sur n'importe quelle chaine stéréo.
Alors je pose la question : où est l'intérêt de la musique nomade ? C'est sans doute le fait d'avoir son petit ilôt musical égoïste, son environnement familier qu'on ne partage avec personne (et aussi qu'on n'impose à personne, soyons justes, les mecs qui écoutent leur musique de con sur les hauts parleurs de leur téléphone font chier tout le monde), son bruit de fond à soi.
Mais ça n'est pas vraiment rendre justice à la musique je trouve.